Les Films de fiction Québécois, des origines à nos jours
Karine Vanasse et Pierre Lebeau le couple mythique québécois (Séraphin, un homme et son péché)
Classique parmi les classiques de l'univers québécois, Séraphin Poudrier a eu droit à plusieurs adaptations au petit et au grand écran. Séraphin, un homme et son péché de Charles Binamé, réalisé en 2001 et sorti dans plus de 120 salles en novembre 2002, est et restera à jamais la plus connue. Plus de 1,3 million de québécois allèrent le voir en salles à sa sortie, faisant de ce film le film québécois le plus populaire de ces trente dernières années.
Ce Séraphin, un homme et son péché que Radio-Canada diffuse samedi en début de soirée est en effet un film universel qui repose sur une histoire d'amour éternel et d'abandon de soi.
Dans la Revue Séquences, Charles Binamé répondait à Élie Castiel sur l'influence que la télésérie avait pu avoir sur son film :
En coscénarisant le film, nous avons décidé de poser notre choix particulièrement sur trois personnages, Séraphin, Donalda et Alexis. Il ne fallait surtout pas résumer vingt ans de télévision en deux heures de projection. La trame narrative est simple en ce qui concerne le roman de Claude-Henri Grignon. Ce que l'auteur voulait en fait montrer, c'est cette obsession de l'avarice dans un milieu où sévissait l'extrême misère et la mettre en parallèle avec l'exercice du pouvoir. Séraphin non seulement possède l'argent, mais aussi le pouvoir politique et social. Avec l'argent, pourtant, il peut tout. Grignon voulait montrer jusqu'à quel point ce personnage pouvait pervertir le pouvoir, allant jusqu'à l'ignominie. Au fond, Un homme et son péché est l'histoire d'un homme qui va se servir de la détresse, de la faillitte financière d'un autre pour conquérir sa fille, la seule chose qu'il ne possède pas. Alexis, quant à lui, est presque inexistant dans le roman. Il a été développé dans la série radiophonique. Il est marié à Artémise et ils ont une ribambelle d'enfants. Dans le film, c'est autre chose. Il y a une profonde histoire d'amour qui se crée entre Alexis et Donalda. La dimension du triangle amoureux et beaucoup plus nuancée. Car justement, à partir de ce triangle, il fallait ramener les trois personnages à la lumière. Du côté de Donalda, le film questionne ce qu'elle est comme femme, ce qu'elle ressent, ce qu'elle vit.
Lire l'entrevue complète ici : http://id.erudit.org/iderudit/48446ac
Bon plateau télé québécois!